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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 03:57

L’événement majeur de cette journée se produisit en fin d’après-midi. Alors que nous rentrions à Matho, Palden me proposa d’aller visiter le temple dans lequel il avait été moine. Celui-ci appartient au courant des sakiapa (désolé pour l’orthographe!). Celui s’inscrit dans le bouddhisme tibétain et est le seul monastère de ce type au Ladakh. En mars, un festival très impressionnant se déroule. En effet, selon les dires de Jean-Baptiste (voir Mercredi 26 août), on peut voir un oracle sautant de toit en toit, s’enfonçant des couteaux dans la gorge, …

Sur le chemin du monastère

Habitations de moines

Le monastère (à gauche) et son extension, encore en construction (à droite)
 

C’est d’ailleurs grâce (ou malgré) un oracle que Palden passa 20 années de sa vie en tant que moine. Alors qu’il n’était âgé que de 7 ans, un problème survint parmi le bétail de ses parents. Ils firent alors appel à l’oracle qui leur expliqua que la seule manière de résoudre se problème était de placer l’un de leur fils dans un monastère. Palden, qui était déjà relativement impressionné par ses hommes en toge rouge et jaune, fut donc choisi. Cela peut sembler une sentence injuste mais rentrer dans les ordres ne présente pas que des inconvénients. En effet, pour un enfant issu d’une famille avec peu de moyens, cela représente beaucoup. Tout d’abord l’instruction au bouddhisme, mais aussi l’enseignement du tibétain, de l’anglais. De plus, il put voyager plusieurs fois en Inde dont un séjour de 10 ans en tout à Bengalore, au sud, afin d’étudier.

C’est donc une des opportunité principale pour celui qui ne souhaite pas passer une vie harassante de les champs. La deuxième possibilité consiste à rentrer dans l’armée. Le Ladakh possède une frontière avec le Pakistan, vieil ennemi de l’Inde, ce qui induit une forte présence militaire. C’est d’ailleurs pour ce choix qu’ont opté les deux autres frère de Palden. Cette profession, certes dangereuse, leur permet de bien gagner leur vie même si cela implique de quitter régulièrement sa famille.

Lorsque je demande à Palden pourquoi il n’a pas choisi l’armée plutôt que l’enseignement du ladakhi et du bouddhisme après son départ de la vie religieuse, il m’explique que c’est parce que ses yeux ne le lui permettait pas. Et quand je lui demande le métier qu’il espère pour son fils, l’armée semble pour lui un très bon choix…

 

Passé cette digression, revenons au monastère de Matho. Après une rapide visite (le temple étant fermé), nous nous sommes faits inviter par un moine, vieille connaissance de Palden. J’ai alors pu découvrir une chambre monacale qui ne détonne en rien avec ce que j’avais pu voir jusque là. 2 lits (pour un éventuel invité), quelques rangements, la lumière, le téléphone et même une paire de Ray Ban! J’eu alors une discussion avec cet homme, par l’intermédiaire de mon guide attitré! Celle-ci fut pour moi, une fois de plus, l’occasion de saisir la distance entre ce qui me semble “naturel” et ce qui est pour eux la normalité. Il fut par exemple très étonné lorsque je lui dis que mes grands-parents approchaient les 70 ans, que l’un de mes arrière-grand-père était décédé à plus de 95 ans. J’appris alors que la longévité au Ladakh était nettement inférieure à la nôtre. Un homme de 70 ans est un très vieil homme dans cette région! 

Je pense que l’on peut expliquer cette grande différence entre la Suisse et le Ladakh par plusieurs éléments. Tout d’abord l’hygiène. Que cela soit dans les rues mais également dans les cours d’eau qui traversent les villes et villages, on voit partout des détritus en tout genre: bouteille en plastique, emballages en tout genre… C’est d’ailleurs une véritable expédition lorsqu’il s’agit de trouver une “Use Me” (= poubelle). Lorsqu’on voit une boucherie locale, on comprends aussi pourquoi la plupart des guides touristiques recommande d’éviter les plats carnés! La deuxième raison semble d’ordre financière. Je prends un exemple. Depuis pas mal de temps, la mère de Palden souffre en de multiples endroits. Elle prends alors régulièrement des médicaments afin de calmer la douleur. Elle ne va pourtant pas voir le médecin qui semble trop cher (je doute qu’il y ait une couverture sociale qui puisse assurer ce genre de service…). La troisième raison, selon moi: l’altitude. Leh se trouve à 3500 mètres d’altitude. Le corps est donc nettement plus sollicité et l’on s’en rend compte lorsqu’on essaye de courir. Au bout de 50 mètres, c’est comme si je fumais 3 paquets par jour!

 

 Il fut d’autant plus surpris lorsque nous avons parlé d’informatique. Le fait que je puisse communiqué avec la Suisse par le biais du web, que je puisse même les voir en tant réel lui parut tout à fait inconcevable…

 

Un paquet de biscuits et deux thés plus tard, nous repartons pour la maison.

Paysage depuis le chemin du retour
Crépuscule ladakhi 

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Published by Romain Barrabas - dans Inde
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  • : Je m'appelle Romain, je suis Suisse et j'ai 23 ans. Après 2 ans d'étude de mandarin à l'université de Genève, j'ai décidé, avec l'aide d'une bourse, de partir une année à Nanjing (province du Jiangsu) améliorer mes connaissances linguistiques. Sur ce blog, je raconterai donc ma vie ici en Chine, mes voyages, mes réflexions, mes remarques, etc...
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