Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 17:11

Depuis le début de ce deuxième semestre, je me suis rendu quelques fois à la piscine, dans le "centre sportif du mont aux Cinq Terrasses" (五台山体育馆中心), référence à une montagne sacrée bouddhiste située dans la province du Shanxi. J'y suis allé non seulement pour faire un peu de sport mais surtout pour voir, observer...

La piscine de ce centre ressemble a priori à ce qu'on pourrait retrouver en Occident. Un bassin olympique de 50 mètres, des vestiaires séparés pour hommes et pour femmes, des gardiens, quelques gradins... Et pourtant!

La première chose qui m'a vraiment surprise se passent dans les vestiaires... Alors que je tentais de trouver mon casier parmi des centaines, j'ai peu à peu remarqué quelque chose qui peut paraître évident dans un vestiaire: des gens nus. Vous allez penser "c'est normal, dans un vestiaire, on se change, donc faut bien se mettre nu". Oui c'est vrai mais là, la nudité se conçoit et se vit bien autrement que chez nous. Si en Occident, on a plutôt l'habitude d'aller dans une cabine ou de faire ça discrètement, ici, aucun coin pour se cacher. Il s'agit plus d'une immense pièce, traversée de part en part par des rangées de casiers ainsi que de bancs. Pas moyen pour les pudiques de se cacher et cela ne semble pas poser le moindre problème. Une fois dans le vestiaire, comme s'il s'agissait d'une règle, on retire ses vêtements. Que ce soit pour discuter avec un ami ou une connaissance, se coiffer ou tout simplement se reposer, on s'expose sans pudeur ou plutôt...sans gêne.

Si en Europe, la tradition veut que chaque mâle se jauge discrètement du regard, ici, que nenni, tout le monde s'en fout! Des vieux, des jeunes, des gros, des musclés, gâtés par la nature ou moins, la nudité est un état naturel qui n'appelle aucun commentaire ou jugement. Dans les douches, c'est pareil. On se douche nu et on ne se gène pas pour se laver minutieusement son engin! Plus étonnant encore, j'ai remarqué deux sortes de table de massage. La première fois que je me suis rendu à la piscine d'ailleurs, une était occupée. Un homme était allongé, nu. Un autre, dans la même "tenue" que lui le frottait énergiquement avec une lavette. L'homme allongé avait les yeux fermés pendant que l'autre s'affairait. A un moment, l'homme à la lavette saisi les testicules de l'autre à pleine main pour le frotter juste en dessous. Sur le coup, j'avoue que j'ai été vraiment surpris, d'autant plus que personne ne semblait trouver cette pratique déplacée. Si chez nous, ce comportement est plutôt réservée à l'intimité, là, aucun problème.

Si la première fois que je m'y suis rendu, j'avoue avoir été franchement embarassé par ce que je prenais un manque de pudeur, j'ai peu à peu "naturaliser" cette manière d'être. Ce fut d'autant plus facile qu'encore une fois, le seul à qui cela posait problème, c'était moi! Mais lorsque j'ai remarqué que tout le monde se comportait de manière "naturelle", que personne ne semblait choqué, mal à l'aise, je me suis disons habitué à cette nouvelle conception de la nudité!

Cette expérience a fait une fois de plus tomber un cliché: les Asiatiques sont pudiques. Si, il est vrai, dans la rue, la plupart des femmes, même en été, se dénudent bien moins qu'en Occident (bien qu'il me semble que cette tendance semble peu à peu s'inverser), dans les lieux exclusivement féminin ou masculin, le comportement est radicalement différent, la nudité et même les parties intimes ne sont plus taboues.

Encore un petit exemple qui démontre que les Chinois, en tout cas ceux que j'ai pu observés, ont une notion très différentes de nous de la nudité. En hiver comme en été, les très jeunes enfants portent une tenue étrange: un pantalon fendu entre les jambes et qui remonte presque jusqu'en haut des fesses. La raison semble plutôt logique: si l'enfant a un besoin pressant, pas besoin de manoeuvres compliquées puisque tout est déjà ouvert (encore faut-il que l'enfant ne soit pas assis dans sa poussette -_-). Si il n'est pas vraiment choquant de voir de jeunes enfants nus à la piscine ou à la plage, j'imagine mal ce cas de figure en pleine ville, dans les rues, dans les magasins...

Dernier exemple du côté du séchage du linge. Si cela ne m'a pas particulièrement frappé, beaucoup de mes amis m'ont fait cette réflexion: les Chinois n'ont aucun complexe à faire sécher leurs soutien-gorges, slip, culotte et autres sous-vêtements dehors, souvent à porter de regard. Qu'ils soient de nature uniquement fonctionnelle ou sexy, tout est traité de la même manière. Selon moi, on peut expliqué cela par le manque de place. En effet, les endroits "cachés" pour faire sécher son linge sont relativement restreints ce qui conduit naturellement à faire sécher aux yeux de tous tout ce qu'on a lavé...

DSC08917-small

Dans la petite ruelle qui borde le dortoir des étudiants étrangers (cliquer ICI)

Parenthèse nudité terminée!

Une fois paré de mon maillot de bain et...d'un bonnet de bain (obligatoire), je monte les escaliers qui conduisent à la piscine proprement dite. Ce que je peux déjà dire c'est qu'au centre sportif du mont au Cinq Terrasses, on ne rigole pas avec la sécurité. 4 gardiens sur chaque côté du bassin, qui surveillent le sifflet pendu aux lèvres les nageurs. En bref, la seule chose autorisée c'est...de nager... Oubliez donc plongeons, jeux aquatiques... Mais oubliez aussi l'idée d'entraîner vos capacités en apnée. Pour avoir essayé plusieurs fois, je me suis fait à chaque fois sifflé, prétextant l'argument de la sécurité. J'étais pourtant dans la zone profonde, je nageais à bon allure depuis un bon moment mais que nenni, on ne sait jamais!

Sinon, la grande surprise se trouve tout autour du bassins. Je vous en avais déjà parlé dans un article précédent (cliquer ICI), cracher en public est en Chine une activité très courante et qui ne passe absolument pas pour une incivilité. A la piscine, la "tradition" est maintenue mais les Chinois ont trouvé la parade. Ainsi, au bout de chaque ligne mais également tout autour de la zone basse profondeur, on retrouve de petits crachoirs. La méthode est assez simple: vous lâchez votre glaviot et pour l'évacuer, quelques giclée d'eau et voilà le crachoir prêt à l'emploi. A première vue, ça peut sembler repoussant mais après réflexion, j'avoue que je préfère savoir que cette sécrétion visqueuse se trouve au fond des canalisations plutôt que mélangée à l'eau de la piscine...

DSC07907-small

Voilà une petite photo prise à la volée où l'on peut apercevoir deux crachoirs (au niveau des lignes noires). Entres ceux-ci, on peut voir une petite notice écrite en blanc sur fond bleu: 请无踩踏痰槽管道. J'avoue ne pas être très sûr de la traduction: "Prière de ne pas s'appuyer/toucher/piétiner les crachoirs des lignes d'eau"... Ouais bon, touchez pas quoi! Ca peut paraître débile mais ça l'est pas tant que ça. Pour avoir fait de la natation pendant 6 ans, je me suis habité, en particulier en nageant la brasse, à toucher le ligne d'eau au milieu avant de me propulser dans l'autre sens... J'ai fait ça une fois...après j'ai compris la leçon!!

Dernier point un peu rien à voir mais quand même. La dernière fois que je m'y suis rendu, c'était un vendredi soir, aux alentours de 20h00. Alors que chez nous, je serais près à parier que les piscines seraient complètement désertes, là, elle était vraiment bien remplie. J'y suis resté jusque vers 21h30 et la masse de nageurs n'a pas pour autant désemplie (le centre ferme entre 22h00 et 23h00). J'y serais allé un samedi, ça aurait été pareil, dimanche également. Tout ça m'amène à une autre constatation qu'on remarque très vite lorsqu'on vient en Chine: le week-end n'existe pas ou pour être plus exact, n'existe pas beaucoup. La plupart des travailleurs chinois travaillent 7 jours sur 7. Les seules vacances sont pour la plupart d'entre eux les 15 jours de la fête du printemps, le nouvel an chinois. On se dit alors qu'on a bien de la chance chez nous même si, il faut bien l'avouer, il y a de gros avantages à cette situation. Quelque soit le jour, la plupart des magasins, restaurants, mais aussi salons de coiffeur, magasins de fleurs enfin bref, tous les établissements où l'on vend quelques marchandises ou services que ce soit ferme rarement avant 22h00.

Voilà, mon article "boule de neige" (cliquer ICI pour lire le premier) est maintenant terminé. Je vous remercie de m'avoir suivi dans mes petites réflexions et je vous dis à bientôt!

Repost 0
Published by Romain Barrabas - dans Chine - divers
commenter cet article
16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 05:16

Ici elles sont légion, on les retrouve partout, sous toutes les formes. Parfois elles sont strictement identiques, parfois déguisées, les faisant passer pour des originales. Parfois aussi on remarque quelques petites différences, dans l'orthographe ou la forme... Je veux bien entendu parler des copies, contrefaçons, imitations, appelez les comme vous préférez!

Si les pseudos Vuittons, Rolex et autres marques de luxe sont aujourd'hui connues de tous, la Chine fait plus fort et va plus loin puisque tout, oui vraiment tout peut-être copié. Ca va des shampooing aux voitures en passant par les DVD, marques de sport, natels et j'en passe. Contrairement à d'autres pays, on ne les cachent pas et on les retrouvent les plus souvent dans les endroits les plus fréquentées. A Nanjing, Fuzimiao est un bon spot pour trouver les copies: sac, shampooing, montres suisses. Petit paradoxe quand même que j'avoue ne toujours pas comprendre. Il y a quelques temps, je m'étais mis en tête de chercher une belle fausse montre suisse pour l'anniversaire de mon frère. Si j'en ai trouvé quelques unes dans certaines échoppes, je ne les trouvais pas vraiment convaincantes...

Alors un homme vient vers moi et me tend une carte de visites en me disant dans un anglais plus qu'approximatif: "watch, watch, bag, bag". Je me décide à le suivre et nous nous enfonçons dans une ruelle délabrée, sale. Je commence à me demander si c'était vraiment une bonne idée mais je reste confiant. Nous entrons dans un immeuble lui aussi vétuste et l'homme téléphone. Quelques secondes plus tard, une porte s'ouvre... A l'intérieur, changement de décor. Tout est propre, soigné. On trouve là des stylos, montres suisses, sac de marques prestigieuses. Je me déciderai finalement pour une Rolex qui est une création totale et que je marchanderai abondamment.

Voilà. Donc si les contrefaçon s'exposent librement, certaines, souvent celles des marques de luxe sont cachées... Peut-être la police est-elle plus vigilante pour certains produits que d'autres, je n'ai pour ma part aucun réponse à ce paradoxe!

DSC06510-small

Nike, Adidas, Puma, faites votre choix!

DSC06511-small

Mauvaise copie du shampooing "Head & Shoulders": "Head & Sholisers" (Sholiser n'a aucun sens, en chinois, en français comme en anglais!!). Dans la même veine, il y a un dérivé de Gillette, dont je n'arrive malheureusement plus me rappeler le nom...

fenghuang-2 0249-small

Comme je n'ai malheureusement pas de photos des montres suisses copiées, je vous propose celle que j'avais acheté à Fenghuang (cliquer ICI): une vraie totalement fausse Omega!

DSC08800-small

Devant les portes d'un magasin d'électronique, sous le regard bienveillant du garde à l'entrée (à droite de l'image), des femmes vendent des faux DVD, logiciels informatiques, etc...

Il existe une deuxième sorte de copies que j'appelle moi les "copies déguisées". Ce sont en fait des marques chinoises dont la source d'inspiration est parfois vraiment trop flagrante. J'imagine qu'en Europe, celles-ci seraient sanctionnées mais ici que nenni, on les trouve sans difficultés, dans le centre commercial de la ville par exemple, à Xinjiekou...

DSC06060-small

Lacoste en folie

DSC06070-small

 

DSC07899-small

 

DSC08806-small

 

DSC08807-small

 

DSC06506-small

Anta, une marque chinoise qui n'est pas sans rappeler le fameux logo de Nike, le swoosh

DSC08810-small

Elle fut même l'un des sponsors officiels des JO 2008 de Pékin

DSC06507-small

Quand les marques de sport chinoises se copient entre elles. Si le logo ressemblent furieusement à celui d'Anta (voir ci-dessus), il s'agit bien là d'une marque distincte!

DSC06508-small

Erke, un autre dérivé de Nike, version chinois

DSC08808-small

Encore une marque qui semble s'être fortement inspiré de la marque à la virgule. Là, même le slogan paraît être copié. Entre "Just do it" (Fais-le) et "Everything is possible" (Tout est possible), il n'y a qu'un pas!

DSC06497-small

On passe au domaine automobile avec une jeep qui ressemble comme 2 gouttes d'eau aux 4x4 de BMW. Précisons qu'il n'y a que l'arrière qui ressemble, l'avant ressemblant plus à la jeep de chez Volvo!!

DSC06206-small

Smart chinoise

DSC06207-small

 

DSC08795-small

Enfin, on termine avec l'iPod ou plus généralement Apple qui a fait des émules en Chine!

DSC08796-small

 

DSC08797-small

 

DSC08814-small

Là, un magasin de vêtement... Apparemment, on a mal renseigner les patrons!!

J'ai essayé de me demander pourquoi les contrefaçons ont tellement d'importance ici. Sur un blog donc j'ai malheureusement oublier le nom, l'auteur avançait qu'être copié en Chine était une preuve de succès. Et en effet, si on regarde quelles marques sont reprises, on ne trouve que celles qui ont du succès au niveau international. Etre copié signifierait donc être reconnu...

Deuxième possibilité: les originaux sont trop chers! Je vous en avais déjà parlé dans un article précédent, le niveau de vie des Chinois, bien qu'en constante augmentation, reste plus bas que celui que nous connaissons en Europe (cliquer ICI). Pourtant, une paire de Nike, une BMW, un paire de levi's coûte quasiment le même prix qu'en Occident. J'imaginais naïvement que les grandes marques s'adaptaient un tant soit peu au niveau de vie du pays dans lequel elles s'installent mais non, la facture est la même. Alors, on crée des copies, plus ou moins exactes ou des marques chinoises sont créées, évoquant fortement une autre, connue internationalement, mais propose ses produits à des prix plus "chinois". Cela permet aux accrocs des marques d'y trouver leur compte sans se ruiner complètement, à des business man de se faire de l'argent et tout le monde est content...

En conclusion, qu'on soit pour ou contre, les copies sont une réalité en Chine, une réalité qu'on ne cache pas et qu'il sera très très difficile à éradiquer...

Repost 0
Published by Romain Barrabas - dans Chine - divers
commenter cet article
13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 13:11

Aujourd'hui, j'ai appris une nouvelle leçon dans l'art de faire ses achats en Chine, en plus du marchandage (cliquer ICI: dernière partie)... En chinois, il existe une expression que la désigne: 货比三家. Signification: comparer dans plusieurs magasins avant d'acheter. Vous me direz que cette expression n'est pas valable qu'en Chine mais que tout consommateur qui n'aime pas jeter de l'argent par les fenêtre appliquera cette méthode. Je vous répondrez que vous avez raison mais que, par expérience, consommer en gardant en tête cette façon de faire en Chine peut, plus qu'ailleurs, vous faire gagner des sommes importantes voire même immenses!

Aujourd'hui, je me suis mis en tête d'acheter un nouveau dictionnaire électronique (电子词典). On ne le réalise peut-être pas assez mais ce petit objet se révèle rapidement indispensable lorsqu'on vit en Chine, qu'on soit étudiant en chinois ou tout simplement expatrié. Grâce à cette appareil qu'on peut emmener partout, on peut gagner énormément de temps. Se faire comprendre par un vendeur, décrypter le menu d'une carte, lire une direction, bref, tout un tas de situations quotidiennes toutes bêtes mais qui pourrait rapidement se corser sans votre précieux dictionnaire électronique.

D'abord, c'est quoi un bon dictionnaire électronique? Voilà pour moi les 3 indispensables:

1. Il faut qu'il soit trilingue: chinois-anglais-français. Et oui, l'anglais reste un incontournable car dans le domaine de la traduction chinois/"langue-étrangère-facilement-compréhensible-en-occident" (ce qui exclut d'emblée le japonais et le coréen), l'anglais reste numéro 1. Ca vous permet donc, si vous ne trouvez pas un mot dans la catégorie français/chinois-chinois/français de basculer en anglais et ainsi d'avoir plus de chance d'avoir un résultat positif.

2. Il faut que l'on puisse écrire les mots en pinyin. Le pinyin est un système d'écriture qui permet d'écrire dans l'alphabet latin la prononciation des caractères chinois. On ajoute ensuite un accent - ´ ` ¯ ˇ - qui permet de savoir à quel ton (le chinois est une langue tonale) prononcer le caractère. Une fois que l'on a maîtrisé ce système d'écriture, cela permet par exemple, au cours d'une conversation, d'écrire la prononciation du mot que l'on ne comprend pas pour en connaître le sens. Dans mon premier dictionnaire (Besta No.1 Super), qui pourtant était l'un des plus onéreux, cette option, réellement nécessaire selon moi, était malheureusement absente...

3. Il faut pouvoir écrire les caractères chinois manuellement. La raison semble assez évidente... Lorsque vous rencontrez, dans n'importe quelle situation, un caractère inconnu, vous l'écrivez directement sur l'écran ou sur l'espace prévu et en quelques secondes, vous pourrez en connaître le sens et la prononciation.

Rajoutez à ça des dictionnaires complets, une batterie longue durée, et une facilité d'utilisation et vous serez parez à affronter le chinois!

Après avoir fait un petit sondage auprès de mes camardes de classe, je me suis décidé pour le dictionnaire qui me semblait le plus correspondre aux exigences que j'avais: le Casio E-SF400. Déjà, le fait que la marque soit connu m'a pas mal rassuré. Ce n'est pas que je n'ai pas confiance dans les marques chinoises (Casio est japonais) mais le problème c'est qu'il y en a un tas qui font des espèces de mauvaises copies des grandes marques et vous vous retrouvez au final avec votre porte-monnaie plus léger un appareil incomplet...

400 b

Le seul défaut de ce dictionnaire: on ne peut écouter la prononciation qu'en anglais et en français. Ca peut paraître insensé mais il faut savoir que la plupart des dictionnaires électroniques chinois/langue étrangère sont d'abord fait pour les Chinois qui apprennent la langue étrangère, quelle qu'elle soit. Il peut donc arriver que certaines options qui nous paraissent basiques soit absentes, alors qu'en fait elles ne sont juste pas nécessaire pour un Chinois. J'imagine qu'il existe cependant des exceptions pour les Japonais et Coréens (et peut-être les anglophones) puis que ce sont ces nationalités qui apprennent généralement le chinois...

Ceci me permet de revenir au premier sujet de l'article: 货比三家. Vous le savez peut-être, les dictionnaires électroniques coûte cher, enfin, les bons. Celui que j'ai acheté m'a coûté 1800 RMB ce qui équivaut environ à 300.- frs. Lorsque le vendeuse m'a annoncé ce prix, j'étais quand même extrêmement étonné. Oui parce qu'une fille canadienne qui étudie avec moi avait également le même modèle qu'elle avait acquis au prix de...2450 RMB donc presque 410.- frs. Alors oui nous avons acheté nos dictionnaires électroniques dans deux magasins différents qui n'appartiennent pas à la même chaîne mais quand même, près de 100.- frs de différence pour un objet rigoureusement identique et sans avoir marchandé une seconde!

Sur eBay, on le trouve aux alentours de 330 $ alors que sur son équivalent chinois, taobao.com environ 1600 RMB. L'endroit où mon amie a acheté son dictionnaire est pourtant une chaîne de magasin très connue en tout cas à Nanjing qui se nomme 苏宁 (Suning) et qui est très présente dans le centre ville commercial de la ville, Xinjiekou...

Sur le site internet du groupe (cliquer ICI), je trouve facilement le dictionnaire électronique mais aucun prix est indiqué... Moralité: lorsque vous achetez quelque chose en Chine d'une certaine valeur, même si c'est une marque reconnue, comparez les prix dans plusieurs magasins, essayer de baisser les prix ou de vous faire offrir quelques petits extras (comme un film de protection, un étui, ... pour le cas du dictionnaire électronique) et vous éviterez ainsi de vous faire pigeonner!

Repost 0
Published by Romain Barrabas - dans Chine - divers
commenter cet article
6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 13:07

Comme vous le savez peut-être, j'ai la chance d'avoir un colocataire coréen (cliquer ICI).

Partager ma chambre avec lui a de nombreux avantages. D'abord, on s'entend super bien, ce qui est plutôt avantageux quand on dort dans la même chambre! Ensuite et surtout, vivre avec lui me permet de goûter à la culture coréenne. Je ne sais pas la situation dans les autres universités chinoises mais à 南师大 (Nanjing Normal University, mon université), les Coréens représentent une bonne partie de la communauté étrangère formant ainsi une petite diaspora.

Qui dit diaspora dit établissement à Nanjing de tout un tas d'aménagement pour cette communauté. Restaurants, épiceries, églises, ... Rien qu'autour de l'université, ces endroits sont légions, bien plus que les restaurants japonais par exemple. Si le nombre important de Coréens explique en partie cette profusion, un autre facteur permet de comprendre pourquoi on trouve tellement d'établissements coréens: les Coréens aiment leur pays!

DSC07010-small

Dans une petite épicerie, tout près de l'uni

En effet, un grand nombre d'entre eux semblent peu intéressés par les contacts avec la population locale ou étrangère. Dans le campus, même affaire. En gros, il y a les étrangers ET les Coréens. Taejoong, mon colocataire n'échappe pas à la règle mais heureusement pour moi, il aime également fréquenter d'autres nationalités.

Voilà maintenant un peu plus de 3 mois que je connais Taejoong et grâce à lui, j'ai été initié aux plaisirs de la gastronomie coréenne. Avant de le rencontrer, j'étais déjà aller quelques fois dans des restos coréens mais rien de tel que d'être guidé par quelqu'un qui s'y connaît pour l'apprécier d'autant plus!

En plus des restaurants, nous mangeons assez souvent dans notre chambre car ses parents lui envoient régulièrement des colis plein de bonnes choses. Le deal est le suivant: moi je le fournis en chocolat, lui en nourriture coréenne!

Autre occasion de manger coréen, la livraison à domicile. Parfois, il nous arrive d'être disons paresseux mais d'avoir malgré tout faim... Solution très courante en Chine: se faire livrer à domicile (beaucoup de restaurant offre ce service à partir d'une certaine somme, entre 20/30 RMB souvent). Avant de le connaître, je n'utilisais pas très souvent ce service parce que commander en chinois sa nourriture implique déjà de connaître les noms de plats, ce qui n'est pas si facile et ensuite d'expliquer où on habite, ce qui peut être parfois compliqué... Sauf que là, puisque bien des patrons de restaurants coréens sont coréens, on profite très souvent de cette possibilité!

DSC07020-small

Autre solution pour découvrir les délices de la cuisine coréenne: se faire inviter chez des amis coréens. Ici, du bossam (보쌈) préparé par une Coréenne qui est en cours avec moi et son copain... Pour manger, même principe que le samgyupsal (voir ci-dessous)

A moi le bibimbab (비빔밥), plat à base de riz, de légumes, d'oeufs qu'on reçoit non mélangé. A moi aussi mon plat préféré coréen: samgyupsal (삼겹살). Il s'agit en fait de viande grillée, un peu comme la charbonnade. Plusieurs moyens de manger ce plat. On peut manger juste la viande où la mixer avec un autre plat.

DSC06438-small

Voilà le bibimbab tel qu'on vous l'amène. Le riz est dessous. Après mélange, c'est moins glam' mais tout aussi bon! La sauce rouge (à gauche) est typiquement coréenne. C'est un peu piquant mais le goût est vraiment spécial, rien à voir avec les autres sauces piquantes que j'ai pu manger.

Personnellement, je préfère la méthode disons courante que je m'empresse de vous présenter! Hier soir, petit souper en tête à tête avec Taejoong dans un bon resto coréen. Au menu, le fameux samgyupsal. Au centre de la table, un réchaud. Et puis, on nous amène l'appareil qui permet de griller la viande qu'on graisse avec un morceau de gras. Et puis on découpe des morceaux de viandes qu'on fait griller. Sur le "grill", on rajoute de l'ail ainsi que du kimchi (김치).

Une fois bien grillé, on prend un bout de viande que l'on met généralement dans une feuille de salade crue. Ensuite, on rajoute à loisir de la sauce, de l'ail, du piment, des légumes,... Après, on replie le tout et on mange ça, un peu comme un crêpe... Franchement? C'était di-vin! Bon, un peu plus cher que d'habitude puisqu'on en a eu pour environ 50 RMB chacun (il faut compter en général entre 20-25 RMB/personne) mais c'était délicieux! Allé, je m'arrête là et je vous laisser un peu saliver devant les photos.

DSC08553-small

Le "grill", appelé sotddooggung (솥뚜껑) dans ce cas car sa forme évoque une espèce de gros couvercle dont on se servait jadis pour recouvrir le feu. Enfin j'ai pas trop compris mais c'est bien ça!    

DSC08554-small

La viande, en l'occurrence du porc. Ca ressemble un peu à du lard mais les tranche son plus épaisses. Oui je sais, ça paraît très gras mais en cuisant, le gras s'en va en partie, ne reste plus que le boooon goût de viande!

DSC08556-small

On commence à griller la viande. A gauche, des morceaux d'ail (la cuisine coréenne est assez "aillée"!!). En haut à gauche de l'image, la sauce qu'on utilise pour ce plat, difficile à expliquer sa saveur, il faut en goûter pour savoir!

DSC08563-small

DSC08573-small

du haemulpajun (해물파전), un autre plat coréen qui évoque un peu les "flammenkuchen" mais pas le goût. Là, légume et calamar... Une fois un bout découpé, on le trempe dans la sauce au premier plan...

DSC08574-small

La viande presque prête...

DSC08570-small

Première fournée. Un morceau de viande, de l'ail, du piment, de la sauce, quelques autres légumes indéfinissables, une feuille de sésame et/ou de salade et on déguste...

DSC06441-small

Une autre manière de manger ce plat, sur des brochettes. Là, on ne mange que la viande mais c'est tout aussi bon!!

Repost 0
Published by Romain Barrabas - dans Chine - divers
commenter cet article
2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 06:46

Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler de musique chinoise... Jusqu'il y a quelques mois, j'avais une image réellement très pessimiste. En effet, la musique qu'on entend, que ce soit dans les taxis, les bus, les magasins, les clubs se révèle navrante et même très navrante! Rien d'original mais plutôt une copie de la musique anglophone commerciale, parfois un brin plus "sucrée". Toutes les chanteuses semblent être dotées des même cordes vocales, idem pour les hommes.

D'un autre côté, dans un pays qui compte plus de 1'350'000'000 d'habitants, il devait bien avoir quelques perles, bien enfouies sous cette océan de déchets musicaux (oui je sais, j'suis dur!). Ma bouée de sauvetage s'appelle 崔健 (Cui Jian) (cliquer ICI pour visiter son site, en anglais ou chinois). Découvert au hasard de mes errances sur la toile, j'ai découvert cet artiste qui se trouve être une légende, l'équivalent d'Elvis Presley version asiatique: le père du rock chinois.

Âgé aujourd'hui de 48 ans, il est pour moi un véritable paradoxe. Si la plupart des Chinois connaissent au moins son nom, trouver l'un de ces CD relève de l'exploit. Personnellement, sur les 5 magasins CD/DVD dans lesquels je me suis rendu, seulement un seul comptait dans ses étalages les précieux CD. Comme expliquer que cette légende de la musique moderne chinoise soit si peu représenté? Je vous le donne en mille: la...censure!

Cui Jian ne se contente pas de faire du rock, il incarne aussi l'esprit de cette musique, un peu révolutionnaire ou "fous-la-merde", c'est selon. Il connaît la gloire en 1985 grâce à sa chanson 一无所有 qui est traduite en français par "Rien en mon nom". J'avoue ne pas connaître vraiment le contenu de ce morceau mais toujours est-il que, durant les événement de Tian'anmen de 1989, cette chanson devint le slogan des étudiants. Cui Jian lui-même se produit sur la plus grande place du monde et fut même accueilli par l'un des leader du mouvement estudiantin.

nika090116002

Sur la place Tian'anmen

Cliquer ICI pour voir un live (à Londres) de 一无所有

Alors au sommet de sa gloire, le Parti lui coupe les ailes pour 13 années. Entre 1990 et 2003, il sera en effet interdit de se produire devant un public de plus de 500 personnes.

Tout ce que je vous dis là, je le tiens principalement de wikipédia francophone (cliquer ICI). Histoire de tester mes connaissances en mandarin, je fais la même recherche mais sur la version chinoise du site. Et là, grosse surprise, c'est un article radicalement différent qu'il m'est donné à lire (cliquer ICI). Au lieu de parler de la censure du gouvernement chinois, on préfère dire que pendant près de 15 ans, rien de très intéressant n'a été produit par l'artiste, comme par hasard, exactement pendant cette fameuse traversée du désert.

Personnellement, ça m'a fait vraiment bizarre de voir cette "omission". Pour la deuxième fois depuis que je suis en Chine (cliquer ICI et LA pour lire la première fois), la censure chinoise m'est apparue de manière flagrante. Afin de d'éliminer tous liens entre le chanteur et les malheureux événements de 89, on clarifie même une polémique au sujet de l'un de ses morceaux: "最后一枪", traduit en anglais par "Last Shot" (dernier coup de feu). Si certains font directement le lien avec les événements de Tian'anmen, on s'empresse de dire que d'autres pensent que l'auteur/compositeur parle en fait de la guerre sino-vietnamienne (17.02-16.04.1979) (cliquer ICI). Le débat reste donc ouvert concernant cette chanson en particulier. Pour ce qui est de son action sur Tian'anmen, on indique que le 19 mai 1989, il donne une petite représentation pour consoler et encourager les étudiants qui font la grève de la faim. On se garde pourtant de préciser que ce soutien aura pour conséquence 13 ans d'interdiction de représentation.

Voilà pour le personnage. Concernant sa musique, si le message politique reste, la forme quant à elle a subi de grands changements, en tout cas c'est mon impression. De son premier CD, sorti en 1986, jusqu'au dernier, datant de 2005, il passe du rock, au punk (soft), du rap enfin bref, un mélange de plein d'influences, modernes comme folkloriques, chinoises comme étrangères. C'est d'ailleurs un aspect que j'aime beaucoup dans sa musique: l'insertion d'instruments et de son folkloriques chinois et ce mix permanent de pleins de genres.

Le morceau 快让我在这雪地上撒点儿野 (Wild on The Snow), l'un de mes morceaux préférés, est un bon exemple de ce mix puisque la première partie évoque clairement une mélodie folkorique pour se transformer finalement en un riff de guitaire qui, pour ma part, m'a fait pensé aux accord de "Money For Nothing" de Dire Street.

Cliquer ICI pour voir un clip de la chanson (version karaoké!!)

Cliquer LA pour voir un live de cette chanson

Continuons sur mes morceaux favoris avec deux slows, 假行僧 (incapable de traduire en français!) et 舞过38线 (Dance Across 38 paralell). Le premier apparaît sur le premier CD et a le grand avantage de permettre de suivre les paroles... Le deuxième figure lui sur le dernier album. Un gros mix de musique folkorique, électronique, et j'en passe qui, dans un premier temps, évoque un slow très banal et puis part en sucette, accompagné de la voix rauque du chanteur.

Cliquer ICI pour voir un live de 假行僧 (la version CD est bien meilleure je trouve)

Finalement, 这儿的空间 (This Space), un morceau assez rythmé, pop rock sur les bords. Si je trouve que le morceau a assez mal vieilli sur le CD, en live acoustique, il est un de mes préférés de Cui Jian.

Cliquer ICI pour voir une performance live de ce morceau (aller jusqu'à 3.10) Si vous avez le temps, je vous conseille de regarde l'intégralité de ce concert acoustique, enregistré en 2006!!

Voilà, il y a encore plein de morceaux du papa du rock chinois que j'apprécie mais le but n'était pas de vous faire mon TOP 10, plutôt une entrée dans la musique chinoise à travers l'un de ses mythes, même si j'ai l'impression que les "jeunes" d'aujourd'hui le boudent un peu! Je termine par dire que même si son dernier opus remonte à 5 ans, le rockeur reste en activité. Dernier concert le 7 mai dernier au Japon dans la ville de Kawaguchi. Peut-être un jour en Suisse...et oui...on peut toujours rêver!

崔健95 116

Cui Jian aujourd'hui muni de deux ses signes distinctifs: sa casquette de base-ball qu'il porte toujours et la trompette, dont il a joué professionnellement à l'orchestre philharmonique que de Pékin de 1978 à mai 1987.

Repost 0
Published by Romain Barrabas - dans Chine - divers
commenter cet article
28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 12:09

Il y a quelques jours, petites discussion "culturelle" lors de notre cours de grammaire. Le sujet: les pyjamas...ou plutôt les pyjamas dans la rue! Il n'est en effet pas rare de croiser une Chinoises ou un Chinois porter fièrement sa tenue de nuit pour aller faire ses courses ou tout simplement se balader un peu. Petite précision qui a toute son importance, n'allez pas imaginez la petite nuisette sexy où le boxer moulant, non non non! Ici, le modèle Calida couvrant est de mise!

Enfin bref. A ma grande surprise, notre professeur, originaire de la province du Sichuan, s'offusquait de cette habitude, s'accordant ainsi au point de vue de ses élèves étrangers. Quelques semaines plus tôt déjà, nous avions abordez ce qui est plutôt tabou en Occident mais absolument commun en Chine: demander le salaire ou plus largement, demander le prix que l'on a acheté tel ou tel objet.

Si chez nous, on se couperait les deux mains plutôt que de demander, même à des parents, combien ils gagnent chaque mois, la situation diffère radicalement dans l'Empire du Milieu. Etant encore étudiant, je ne gagne pas encore ma vie mais j'ai déjà eu l'occasion de vivre ce genre de situation. Par exemple, presque chaque fois que je parque mon scooter électrique (cliquer ICI et LA) quelque part, je peux être sûr qu'on va me demander combien je l'ai acheté. Les gardiens du dortoir des étrangers sont des spécialistes en la matière alors qu'après 10 fois, il devrait avoir une vague idée de la valeur de mon bolide!

Je vous présente encore une dernière situation et je vous explique où je veux en venir: cracher par terre. J'y ai consacré presque tout un article (cliquer ICI), lâcher un gros glairon en pleine rue ou plus généralement en public est une situation courante. Qu'ils soient riches ou pauvres, hommes ou femmes, jeunes ou moins jeunes, on crache sans modération. Je ne dis pas que 100% des Chinois crachent, bien au contraire mais une partie non négligeable cultive cet art.

J'ai entendu dire que, parmi les mesures mises en oeuvres pour l'Expo universelle de Shanghai (cliquer ICI et LA), on s'était mis en tête d'éliminer cette manie. J'imagine que l'argument principal relevait de l'hygiène mais je suis certain que le but officieux était de ne pas choquer les visiteurs occidentaux...

Voilà 3 situations, de différentes natures, qui sont en passe de diminuer progressivement jusqu'à ne plus exister du tout. Je ne suis pas contre le changement puisqu'il est de toute façon une réalité. Il serait idiot d'imaginer que la Chine que j'apprends à connaître aujourd'hui sera exactement la même si j'y retourne dans 5 ans, 10 ans, 20 ans. Mais quand même. J'ai l'impression que ces changement s'opèrent non pas dans une logique de "changement naturel" mais comme une sorte de pression, d'intimidation inconsciente. Attention, l'Occidental pourrait être choqué si on lui demande la valeur de son salaire, voir un quidam cracher dans la rue ou quelqu'un faire ses courses en pyjama alors, éliminons ces vilaines manies.

Il me semble qu'aujourd'hui en Chine, de plus en plus fréquemment, civilisé rime avec Occident. J'en avais parlé dans mon dernier article sur les bonnes manières (cliquer ICI), les règles de politesse ne sont pas identiques en Occident et en Orient. Ainsi, des comportements qui nous semble relever d'une impolitesse notoire passe ici pour tout à fait acceptables et vice-versa. Il conviendrait donc, au lieu de chercher qui a raison et qui a tort, d'accepter qu'on puisse penser et agir différemment selon l'endroit et la culture et que ni notre manière de penser ou la leur est la meilleure mais plutôt de ne jamais omettre de les contextualiser. Cracher par terre en Suisse en impoli mais en Chine, ça passe. Si tout le monde pouvait accepter cela, chaque société, cultures, appelez ça comme vous voulez, pourrait évoluer dans l'échange plutôt que dans la peur et ça serait pas plus mal...

Voilà. Ma petite dissertation me semble un peu décousue mais il est parfois difficile de traduire en mots une réflexion... J'espère malgré tout que j'aurai un tant soit peu réussi à faire passer mon message de tolérance culturelle mais également à démontrer que sous ses airs de mastodonte, la Chine hésite et n'est en tout cas pas ce grand monolithe que lui prête un peu trop souvent à mon goût les médias occidentaux et plus généralement, les clichés que nous avons tout sur ce grand pays...

Repost 0
Published by Romain Barrabas - dans Chine - divers
commenter cet article
17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 09:14

J'ai d'abord cru à une erreur. Et puis, lorsque j'ai remarqué qu'elle n'étais pas particulière mais générale, j'ai révisé mon jugement...

Si je vous demande qu'est-ce-que vous évoque un fond rouge et une croix blanche, la plupart me répondront bien évidemment le drapeau suisse. D'autres connaisseurs indiqueront également que le drapeau de Savoie, celui du Danemark et de l'Ordre de Malte correspondent également à cette description. Les dyslexiques des couleurs répondront quant à eux le drapeau de l'Angleterre ou celui de la Croix Rouge (cliquer ICI)...

Et bien en Chine, cette combinaison symbolise: l'hôpital. C'est pour cette raison que je me suis d'abord dit qu'il y avait eu erreur, qu'on avait simplement inversé les couleurs, confondu avec le symbole de la Croix Rouge (红色十字), qui, pour la petite histoire, s'inspire directement du drapeau suisse. Après quelques recherches sur la toile, je tombe sur un tableau représentant plusieurs emblèmes qu'on retrouve en Chine, donc celui qui représentent les hôpitaux, plus de doute possible!

2H1342J435

1ère ligne, 4ème depuis la gauche (source: cliquer ICI), avouez que le ressemblance est saississante!

Le plus troublant, c'est que mis à part l'inclinaison, cette figure est en tout point indique à notre cher bon vieux drapeau suisse. J'image alors qu'un drapeau à croix, de couleur rouge et blanche, peut importe sa disposition, évoque d'abord un rapport avec le monde médical plutôt que Suisse. Intéressant comme un symbole peut avoir une toute autre signification selon l'endroit... D'un autre côté, les cas sont plutôt courant et j'imagine que les plus courant est celui de la svastika qui pour la grande majorité des Européens évoque le nazisme alors que si vous mettez les pieds en Europe, vous verrez ce symbole représenté à tour de bras dans bien des temple bouddhistes. Il existe d'ailleurs même un caractère chinois, qui s'écrit de la manière suivante -  - et se prononce wan tout comme son synonyme - 万 - qui signifie une myriade, soit 10'000 (cliquer ICI)).

DSC07896-small

Deux p'tites photos que j'ai prise samedi passé à Xinjiekou, le centre ville commercial de Nanjing (cliquer ICI). Première photo, une publicité pour une clinique de chirurgie esthétique.

DSC07906-small

Un car de don du sang

Pour terminer, j'aimerais partager avec vous la petite discussion que nous avons eu ce matin avec l'une de nos professeurs. Au détour d'un texte, nous en arrivons à parler des métiers prestigieux. La première élève, une Coréenne, interrogée grâce à la sempiternelle "你的国家呢?" ("Et dans ton pays?") répond que dans son pays, la profession de médecin est plutôt bien reconnue. Le reste de la classe, toutes origines confondues, confirme. Nous apprenons alors par surprise que les professions médicales ne sont pas tellement reconnues en Chine. En effet, on doute beaucoup des diagnostics que certaines peuvent émettre et je les comprends. Quelques élèves ont raconté leur aventures à l'hôpital et c'est vrai qu'il y a parfois de quoi s'inquiéter devant la rapidité, l'impression de travail à la chaîne qu'ils font (cliquer ICI et LA pour mes expériences).

Plus inquiétant encore lorsque nous arrivons sur le sujet des pharmacies. Elle nous apprend qu'en Chine, il existe deux sortes de pharmacies: celles qui se trouvent à l'intérieur des hôpitaux et celles qui se trouvent à l'extérieur. Et bien si vous allez un jour en Chine et que vous souhaitez demander conseil dans une pharmacie, comme cela se pratique plutôt souvent en Europe, évitez celle qui sont en dehors d'une structure hospitalière! Il n'y a en effet pas besoin d'un papier particulier pour ouvrir une pharmacie si ce n'est celle de gérance de magasin! J'avoue que mettre au même niveau une pharmacie et une épicerie me paraît vraiment, mais alors vraiment surprenant mais bon... En bref, si vous voulez être sûr d'être vraiment bien soigner, moi je vous conseille d'éviter les hôpitaux d'état pour vous tourner vers les privés comme le très bon benQ Hospital de Nanjing (明基医院) qui ne se trouve pas vraiment au centre mais auquel on accède très facilement le métro vous y conduit directement (cliquer ICI)!

benq-hospital-logo

Embême du BenQ Hospital. Vous remarquerez là que le vice a été poussé jusqu'à redresser l'emblême, évoquant presque le plus beau canton de Suisse, j'ai nommé le canton de Neuchâtel! Blague à part, BenQ est une marque taïwanaise.

Repost 0
Published by Romain Barrabas - dans Chine - divers
commenter cet article
14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 19:28

La Chine m'apprends beaucoup de choses. Je ne dis pas ça par méthaphore, ce n'est pas une image mais une réalité. Je ne sais pas comment vivent les autres étrangers leur expérience d'expatriation mais, pour ma part, j'ai l'impression que plus les jours passent, plus j'en apprends sur "ma culture", en opposition à celle que je vis depuis que j'ai quitté la Suisse.

J'en avais parlé dans mon premier article (cliquer ICI) et sûrement dans d'autres, l'une de mes principale tâche ici consiste à rendre naturel ce qui me surprend ou me choque et au contraire, "dénaturaliser" ce que je prenais pour acquis. Je vous avais parlé il y a quelques temps des règles de bienséance à table et tenter ainsi de démontrer que ce que nous trouvons choquons est ici normal alors qu'il y a certaines actions, comme se moucher à table, qui passe pour un véritable acte d'incivilité (cliquer ICI).

Dans cet article, je vous emmène dehors. Les Chinois ou en tout cas ceux que j'ai pu observé à Nanjing principalement mais également dans les quelques autres coins que j'ai visité dans ce grand pays, occupent d'une manière différente ce qu'on nomme "l'espace public" pour faire large. Il y a bien entendu un tas de similarités comme se promener en famille, discuter sur banc, jouer et j'en passe mais d'autres activités, pratiquées ici en public et sans la moindre gène, seraient chez nous plutôt surprenantes.

L'exemple le plus commun, celui que vous pourrez je pense observer aux 4 coins de la Chine: la pratique du 太极拳 (tai-chi). Que ça soit dans des parcs publics mais aussi chaque jour dans mon campus, enfin bref, sur chaque petit coin d'herbe ou qu'il se trouve, vous aurez peut-être l'occasion d'admirer ce combat invisible (le tai-chi est une simulation de combat sans adversaire exécuté d'une manière très fluide et continue), exécuté seul ou simultanément par quelques personnes, parfois dirigé par un professeur. La période la plus propice pour observer cet art-martial est sans doute la matin mais comme énormément de personnes âgées pratiquent ce sport et qu'elle ne sont plus sous la contrainte d'une activité professionnelle, on peut croiser un pratiquant du tai-chi à n'importe quelle heure de la journée.

Ce qui est surprenant ce n'est pas vraiment l'activité en elle-même mais plutôt l'endroit. En effet, chaque fois que j'ai pu voir des gens pratiquer le tai-chi, c'était à des endroits absolument pas fait pour. Sur des chemins peu fréquenté, en bordure d'une allée, près d'une statue de Confucius, aucune condition véritable si ce n'est de permettre l'exécution des mouvements. Il arrive alors bien entendu que des passants s'arrête puis observe, sans rien dire. C'est quelque chose de fondamentalement différent de chez nous, ici en Chine, lorsqu'on souhaite regarder quelque chose qui ne nous regarde pas forcément, on s'approche, on se tait et on regarde. Un frottement entre deux véhicules (cliquer ICI), une dispute ou que sais-je, on voit fréquemment des quidams s'arrêter vraiment trop très près de l'action, jeter un coup d'oeil et puis s'en aller, sans avoir l'impression de s'être inscruté pour autant!

DSC06465-small

Dans mon campus, près du petit lac, sous le regard de Confucius (la statue à droite de l'image)

DSC06598-small

Toujours dans mon campus, sur un chemin peu fréquenté...

DSC06601-small

L'homme était là depuis un moment et puis la femme s'est joint à lui, copiant les mouvements qu'il exécutait...

DSC06602-small

Mise au point...

DSC06603-small

Et puis on repart de concert dans l'autre côté!!

J'observe également tous les jours des personnes âgées faire des exercices, chose que pour ma part, je n'ai jamais vu dehors en Suisse. La plupart du temps, cela consiste en des mouvements qu'on répète plusieurs fois. On se tapote les mollets, les fessiers, on fait des flexions, on se met sur la pointe des pieds puis on redescend. J'ai fréquemment pu voir des couples dont l'un marche en arrière, l'autre assurant à l'exécutant de ne pas heurter un passant ou un arbre.

DSC06540-small

On retourne vers le petit lac du campus...

DSC06544-small

...et voilà ce qu'on peut voir!! Des personnes âgées qui font des étirement sur la plaque explicative du lieu...

On pratique aussi un sport très populaire en Chine: le badminton. Entre deux bâtiment, à la lumière d'une affiche géante publicitaire, tous les lieux s'y prête, tant qu'il n'y a pas trop de vent.

DSC06269-small

Entre des terrains de baskets et un complexe sportif, un groupe danse, à moitié dans le noir...

DSC06271-small

Mouvement

DSC06272-small

Partie de badminton nocturne

La situation la plus cocasse se déroula à Guilin (cliquer ICI), alors que nous rentrions à l'hôtel, ma famille et moi. Alors que nous nous enfoncions dans un sous-voix, la nuit tombée, nous entendons de la musique. Premier virage et là, une situation vraiment surprenante. Alors que chez nous, ces endroits sont la plupart du temps couverts de graffitis et occupés par des jeunes, là rien de tout ça. Au lieu de ça, deux couples qui dansaient...le tango! Sans gêne aucune, les deux couples dansaient avec passion, sans public, sans prise de tête, tranquille quoi!

Voilà pourquoi j'aime la Chine. Chaque jour, je comprends un peu mieux ce pays et je saisis de plus en plus pourquoi bien des gens disent qu'il faut s'éloigner de son pays pour le comprendre. Je n'ai pas la prétention d'être sinologue et encore moins "suissologue" mais à force d'observation toute simple, on peut apprendre beaucoup.

Repost 0
Published by Romain Barrabas - dans Chine - divers
commenter cet article
14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 08:13

Hier, j'ai eu un choc. J'ai pu mesurer une différence abyssale entre la Chine et la Suisse, qui diminue certes, mais qui reste aujourd'hui immense (un article en rapport (la fin): cliquer ICI).

 

A la fin de notre cours d'oral et d'écoute, nous nous sommes mis à discuter coût de la vie, salaire. De fil en aiguille, on en arrive à la Chine. Notre professeur nous explique. Elle nous explique que le salaire moyen en Chine se situe entre 2000 et 3000 RMB, soit entre 200 et 300 €. Ca peut paraître peu mais le coût de la vie est en conséquence.

 

Un peu gêné, j'ose finalement lui poser la question tabou en Suisse: "Et vous, combien vous gagnez". Si par chez nous, il est extrêmement déplacé de parler argent, en Chine, ça ne pose aucun problème. Sa réponse m'a scotché. Un prof d'université gagne, en début de carrière, le salaire moyen (voir ci-dessus). Après bien des années, beaucoup d'expérience et tout ce qui va avec, il peut espérer toucher 6000 RMB/mois. Elle enchaîne directement en nous présentant les salaires des professeurs au niveau du lycée, un vrai paradoxe! Lorsqu'il commence de travaille, il reçoit entre 3000/4000 RMB/mois et avec le temps, 8000 RMB soit bien plus qu'au niveau supérieur. On descend les échelons et un instituteur au niveau primaire peut espérer quand à lui, entre 30-40 ans recevoir 5000 RMB/mois.

Comment expliquer qu'on prof d'université touche si peu, que cette profession soit si mal reconnu, même moins bien qu'au niveau du lycée? Elle n'a aucune explication.

 

J'avoue ne pas être très au clair si la scolarité en Chine et je ne sais pas si le lycée est "obligatoire" en Chine. Dans ce cas, on peut lancer une hypothèse très bancale, mais quand même. Peut-être un vieux reste de la Révolution Culturelle des années 60-70 qui prônait un retour au champs, à la terre, spécialement pour les étudiants (cliquer ICI)... J'avoue que je n'ai aucune réponse!

 

La discussion se poursuit et elle nous parle du problème numéro 1 pour tous salariés chinois: le logement. Je vous l'avais dit dans un article précédent (cliquer ICI), la croissance économique absolument phénoménale de la Chine s'explique en grande partie grâce à l'immobilier. Si il arrive que des immeubles entiers restent vacants (on ne construirait donc pas pour loger mais comme un investissement), les prix des logements eux atteignent des sommets. Tellement haut qu'un prof d'université peut toujours rêver au jour où il achètera son propre appartement (l'idée d'une maison en ville relève du mythe!) et même la location peut mettre dans le pétrin.

 

Autour de notre université, un logement normal vaut, si j'ai bien compris, entre 2'000'000 et 3'000'000 RMB (200'000 et 300'000 €). Vous comparez ça au salaire moyen et le calcul est vite fait: un appartement moyen dans une ville comme Nanjing (qui est plus chère que la plupart des autres villes mais bien moins chère que Shanghai ou Pékin) = 1000 mois de salaires donc un peu plus de 83 ans d'activité professionnel (sans impôts,sans manger, sans boire, sans rien quoi!).

 

En fait, le problème n'est pas vraiment la valeur des salaires mais plutôt ce grand écart financier. En Suisse, on le sait bien, il y a des riches et même des très riches. Mais la Chine nous bat à plate couture dans le domaine. Dans une même rue, vous pourrez croiser un homme, en haillons, tirer une charrette pleine de bois et juste à côté, un jeune business man qui fait le plein de son Hummer flambant neuf. Je n'exagère rien, cette situation s'est produite juste à côté de mon université.

Il y a un tel fossé entre entre certains que tous est déséquilibré. C'est peut-être ça un pays en développement. Un grand écart qui doit peu à peu se combler même si on sait pertinemment qu'il y aura toujours des fortunés, même exagérément, et les autres.

DSC03632-small

Vous voyez, je ne vous avais pas menti! J'ai pris cette photo au mois de novembre à la station d'essence à côté de l'entrée principale de l'université.

DSC06313-small

Prise le mois dernier, dans l'enceintre même de l'université.

Je vois les choses différemment depuis cette discussion. Petit exemple très concret. Je pars dans une heure pour Shanghai pour assister au grand prix de Formule 1 (les articles suivront ;)). Le prix de ma place s'élève à 166 € donc grosso modo, 1600 RMB. En gros, si on essaye de convertir non pas sur la valeur financière effective mais plutôt proportionnelle, je me suis payé une place pour une course de voiture à...1600 frs.!

 

Et encore, je suis gentil avec moi. En 2008, le salaire moyen brut suisse s'élevait à 5823 frs., tout confondu (source ICI). Petit calcul rapide. Si on convertir le salaire moyen chinois directement en frs, on gagnerait donc 2500 frs. Le salaire moyen suisse est donc 2.33 fois plus élevé. En gros, ma place pour la course de ce week-end ne vaut pas 1600 frs mais 3727 frs... Ca fout le tournis hein?

 

Pour terminer, parlons de mon budget mensuel. J'ai eu la chance d'avoir une bourse complète qui m'octroie, en plus de la gratuité du logement, des frais scolaires et maladies (jusqu'à 90%), 1700 RMB/mois. Vous rajoutez à cette somme tous ce qui m'est offert et je gagne donc plus que le salaire moyen. Je ne dois m'occuper que de moi-même, ne doit pas me payer de meubles, d'habits ou quoique ce soit. Et bien je vais vous faire une confidence... Je ne tourne pas! J'y arriverais bien sûr en vivant le plus humblement possible. Adieu donc mon thé, mes voyages, mes fêtes, ...

Je n'ai pourtant pas l'impression de vivre comme un nabab! D'accord, j'ai fortement augmenté mes voyages et il est vrai que je vais très très souvent au restaurant. Mais quand même... Ca fait vraiment réfléchir.

 

La discussion s'est conclue sur le théme des logements. Je lui ai demandé qui pouvait imaginer se payer un appartement, vu le prix actuelle. La réponse est plutôt simple: gros patron. En bref, vous voulez bien vivre en Chine? Oubliez les métiers dits intellecutels, bonjour le business!

 

Voilà la situation où plutôt telle qu'on me l'a expliquée et que je l'ai perçue. Dans cette article, rien d'officiel, je n'ai rien vérifier donc il y a certainement des erreurs, que je n'espère pas trop graves! Dans tous les cas, l'année prochaine mon article sera obsolète. Et oui, si la Chine se développe très vite, les salaires augmentent également (dans quel proportion, je l'ignore). Sur ce, je vais préparer mon sac et je vous dis à la semaine prochaine avec mon week-end de petit bourg' à Shanghai!

Repost 0
Published by Romain Barrabas - dans Chine - divers
commenter cet article
9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 04:48

Je vous l'avais dit dans un précédent article (cliquer ICI), bien des sites dont Facebook sont censurés par le gouvernement chinois. La dernière justification de cette interdiction s'expliquerait par les émeutes qu'il y a eu à 乌鲁木齐 (Urumqi), la capitale de la région autonome (statut équivalent à celui du Tibet) ouïghoure du Xinjinag en juillet 2009. Facebook aurait, toujours selon Pékin, sa part de responsabilité dans l'affaire puisque le site communautaire aurait permis aux manifestants de s'organiser...

Voilà pour l'interdiction actuelle de Facebook. Ce n'est pas pour autant que les Chinois n'ont plus de moyen d'échanger des photos, leur humeur, de parler ensemble et de se faire partage leur vie. Vous le savez sans doute, les Chinois sont assez doués dans le domaine des copies et des imitations. Le plus gros site communautaire n'y a pas échappé puisqu'il trouve également sa copie dans l'Empire du Milieu: renren.com (cliquer ICI)

Tout comme le géant américain, renren était à la base un réseau réservés aux étudiants. Jusqu'en 2008, il s'appelait d'ailleurs 校内 (Xiaonei) qui signifie littéralement "à l'intérieur de l'école/le campus". Afin d'élargir son public, la décision a été prise de renommer le site communautaire chinois en 人人 (Renren) qui peut se traduire par "tout le monde" (on peut difficilement faire plus large!). L'intitulé est quelque peut exagéré puisque jusqu'à aujourd'hui, le site n'est qu'en chinois, ce qui restreint quand même un certain nombre de personnes sur la planète à y ouvrir un compte!

L'apparence est pour ainsi dire la même, à quelques petites exceptions prêt. Même couleur, mise en page très ressemblante, fonctions similaires, icônes quasiment pareils. Bref c'est Facebook sans être Facebook! On peut alors se demander pourquoi renren est permis en Chine alors que Facebook a été déclaré indésirable... Je crois que la réponse est plutôt évidente: Renren est une entreprise chinoise qui respecte les volontés du gouvernement en matière de censure, etc... Un bon élève face au grand méchant américain qui met le bronx en Chine, y'a pas photo!

Le fait que renren soit chinois joue aussi un grand rôle dans son succès dans l'Empire du Milieu. Si Facebook connaît un nombre considérables d'inscrits chinois (malgré la censure), Renren connaît un succès considérable qui ne fait que grandir. L'interdiction de Facebook en est bien sûr une cause mais il faut savoir que les Chinois aime ce qui est chinois. Attention, je ne dis pas qu'ils ne sont pas ouverts au monde, loin de là, mais renren est chinois et connaît donc comment séduire particulièrement les Chinois, question de culture...

Parlons maintenant différences. Avant tout le nom. Personnellement, j'aime bien l'idée d'appeler le réseau social renren et d'autant plus le logo qui en a résulté, est parfaitement explicite. On peut y voir deux cercles dans lesquels sont inscrits le caractère de l'homme, 人. Ces deux cercles s'entre-croisent et la zone commune a été colorée en rouge. Cet espace commun, c'est 人人.

Deuxième différence, l'intimité. Si renren est permis en Chine, c'est que le gouvernement a un oeil dessus, comme je l'ai dit plus haut. Ca implique forcément moins de contrôle sur certaines informations que l'on souhaiterait garder privées, même si j'ai bien conscience que sur Facebook également, on est moins seul qu'on ne l'imagine! Deuxièmement, il existe une fonction absente de Facebook qui permet de voir qui est venu sur votre profil, qu'il fasse parti de votre liste d'ami où non. Je ne suis pas sûr qu'une telle fonction soit appréciée sur Facebook mais apparemment, les Chinois n'y voient pas d'inconvénient!

Enfin dernièrement, renren reste pour moi un site plutôt réservés aux étudiants. Lors de l'inscription par exemple, il est nécessaire de mentionné le lycée par lequel on est passé ainsi que, le cas échéant, son université. Ma partenaire de langue, Zhao Zheng me l'a confirmé, mis à part des étudiants, on y croise pas grand monde! Facebook au contraire, même si la majorité des utilisateurs sont "des jeunes", on peut vraiment rencontrer toutes sortes de personnes...

Il y a quelques mois, j'ai moi aussi ouvert un compte sur renren, juste pour voir. J'avoue que je suis loin d'avoir déjà compris toutes les subtilités de site communautaires, à cause de la langue mais également pour l'usage que j'en fait. A part ma partenaire de langue (cliquer ICI) et un ami indonésien qui étudie aussi à Nanjing Normal University, je ne connais pas grand monde. Malgré tout, j'ai régulièrement des demandes de demoiselles, souvent amies de ma partenaire de langue, qui me demandent comme "ami". Et oui, la passion de l'Occidental n'est pas prête de s'éteindre!

En images:

Image 4-copie-1

D'abord, la page d'accueil de Facebook (ci-dessus) et ci-dessous, celle de 人人. Comme vous le voyez, la ressemblance est plutôt flagrante!

Image 1-copie-1

Il existe malgré tout des différences comme je l'ai expliqué. En haut à droite de l'image, vous voyez le chiffre 4. Je n'ai pas vraiment encore compris à quoi ça sert mais apparemment plus on a d'amis, plus on est actifs, plus le niveau augmente. Pour comparaison, ma partenaire de langue est au niveau 10. Juste en dessous, vous pouvez voir les 5 personnes qui ont visités récemment ma page. Encore en dessous ma liste d'ami (6!) et encore en dessous, ma page "Fan de". Je n'ai trouvé que Michael Jackson! J'ai bien cherché un rockeur chinois que j'ai découvert il n'y a pas longtemps mais je ne dois pas encore avoir compris toutes les subtilités!

Au centre de l'image, toutes les suggestions d'amitié qu'on me suggère. Sur 人人 bien plus que sur Facebook, on insiste vraiment pour qu'on ait le plus d'amis possibles!

Image 2-copie-1

On passe maintenant à la page personnelle. Ci-dessus celle de Facebook et dessous, celle de 人人. 

Image 3-copie-1

Pas de grosses différences si ce n'est que sur 人人 il y a deux "murs", deux pages pour les non-initiés au langage Facebook qui composent chaque profil. Celui où l'on peut publier ses humeurs et le second où nos "amis" peuvent nous écrire un message. Le reste est similaire!

Repost 0
Published by Romain Barrabas - dans Chine - divers
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Romain - Made in Switzer南
  • Le blog de Romain - Made in Switzer南
  • : Je m'appelle Romain, je suis Suisse et j'ai 23 ans. Après 2 ans d'étude de mandarin à l'université de Genève, j'ai décidé, avec l'aide d'une bourse, de partir une année à Nanjing (province du Jiangsu) améliorer mes connaissances linguistiques. Sur ce blog, je raconterai donc ma vie ici en Chine, mes voyages, mes réflexions, mes remarques, etc...
  • Contact

Recherche

Archives